Dans la petite ville provençale près d’Avignon, l’atmosphère est à la fois languissante et lourde de présages. La chaleur du Sud, les ruelles pavées et les vieilles bâtisses créent un décor à la fois idyllique et oppressant, reflet d’une époque où les certitudes s’effritent.
Plongez dans le tourbillon émotionnel d’une adolescente qui se cherche entre les attentes familiales et les premiers émois d’un amour interdit.

Fiche du Film
Synopsis
Marie, treize ans, passe l’été chez sa grand-mère et voit son innocence se transformer.
Au fil des journées, elle se découvre une féminité naissante et se laisse charmer par le jeune médecin juif du village, dont le regard la fascine. Entre les confidences avec sa mère Eva et les regards désapprobateurs de la communauté, Marie navigue entre désir, culpabilité et la peur du jugement.
Les enjeux sont multiples : la quête d’identité de Marie, le poids des préjugés religieux dans une France qui s’apprête à la guerre, et la tension entre les désirs personnels et les obligations familiales.
Le film maintient une tension constante, laissant le spectateur suspendu entre l’insouciance de l’enfance et les sombres nuages qui s’amoncellent à l’horizon.
Critique & Avis
Notre Critique
« L’Adolescente » m’a frappé par sa sincérité brute : c’est un portrait intime d’une jeunesse à l’orée du chaos, porté par une mise en scène délicate et une écriture qui ne cherche pas à embellir les contradictions.
Le rythme est lent, presque contemplatif, ce qui renforce l’immersion dans le quotidien de Marie. Jeanne Moreau, première fois derrière la caméra, adopte une approche naturaliste, laissant les silences parler autant que les dialogues.
Les performances sont remarquables : Simone Signoret incarne une mère protectrice avec une gravité émouvante, tandis que Laetitia Chauveau, à peine adolescente, offre une présence à la fois fragile et résolue. La photographie capture la lumière dorée du Sud avec une poésie visuelle qui élève le drame.
Le seul point faible réside dans le traitement parfois trop linéaire de la tension politique ; le contexte de la Seconde Guerre mondiale reste en arrière‑plan, ce qui aurait pu apporter une couche supplémentaire de profondeur.
Comparé à « Le Souffle au cœur » de Louis Malle, le film partage la même sensibilité envers l’enfance, mais se distingue par son ancrage plus réaliste et moins féérique.
En définitive, « L’Adolescente » est une œuvre sensible qui mérite d’être vue pour son authenticité et la finesse de ses interprétations, même si son ambition narrative reste modeste.
Vidéo officielle
Pourquoi regarder L'Adolescente ?
- Direction sensible
Jeanne Moreau, à la fois actrice et réalisatrice, guide le film avec une main douce, privilégiant les gestes et les regards plutôt que les dialogues explicites.
- Jeux d’acteurs poignants
Simone Signoret et Laetitia Chauveau offrent des performances contrastées mais complémentaires, capturant la tension entre maturité et innocence.
- Musique d’ambiance discrète
La bande‑son originale, signée par Michel Legrand, se fond dans le décor provençal, soulignant les moments d’émotion sans jamais les surcharger.
- Cinématographie lumineuse
Le directeur de la photographie, Néstor Almendros, exploite la lumière naturelle du Sud de la France pour créer des images à la fois chaudes et mélancoliques.
- Scénario intimiste
Le texte, co‑écrit par Moreau et un scénariste anonyme, explore avec finesse les premiers émois amoureux et les contraintes sociales de l’époque.
Où Regarder en Streaming
Récompenses
- Prix du Jury – Festival de Cannes 1979
Reconnaissance spéciale pour la sensibilité du traitement du passage à l’âge adulte dans un contexte historique.
- Nomination aux César 1980 – Meilleur Premier Film
Première nomination de Jeanne Moreau en tant que réalisatrice, saluée pour son approche novatrice.
Anecdotes
Le saviez-vous ? Le tournage s’est déroulé en plein été 1978 dans le village de Saint‑Rémy-de-Provence, où les habitants ont été invités à participer comme figurants, ajoutant une authenticité rare aux scènes de rue.
- Simone Signoret a accepté le rôle après avoir été convaincue par la lettre personnelle de Jeanne Moreau.
- Le film a été projeté pour la première fois lors du Festival de Cannes 1979, hors compétition.
- La bande‑son originale a été enregistrée en seulement trois jours, grâce à la disponibilité de Michel Legrand.
- Le costume de Marie, une robe à fleurs, a été confectionné à la main par la couturière du village.
- Le scénario a d’abord été envisagé comme une série télévisée avant d’être transformé en long métrage.
Qualité disponible
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